Étape 1 : de Brest à Vigo

Le départ

Les jours précédant le départ furent denses et riches en émotions, avec une todolist qui ne semblait ne jamais finir, et une capote et un lazy-bag cousus en deux jours top-chrono grâce à une voilière exceptionnelle (Laurence Jeandot à Plouezoc’h <3) chez qui et avec qui nous avons pu terminer, enfin, notre capote de roof faite maison. Une grosse pensée également aux copains et à la famille qui nous ont aidé à installer la capote sur le bateau … le matin même du départ !

Assemblage et coutures de la capote de roof avec Laurence Jeandot, voilière à Plouezoc'h (Finistère)
Assemblage et coutures de la capote de roof avec Laurence Jeandot, voilière à Plouezoc’h (Finistère)

Il n’y a pas eu de rab’ : un an de préparation intensive, et voilà, dimanche 11 août, à 13h55, la capote est installée, le bateau et l’équipage prêt, pour un départ à … 14h ! Les amis, la famille étaient au rendez-vous sur les pontons pour nous larguer les amarres, non sans émotions … nous voilà partis pour vivre cette aventure et rencontrer ces beaux projets : Ecodysea a pris son envol !  

Le Golfe de Gascogne

Nous partons avec 20 nœuds de vent dans le nez, ça louvoie dans le Goulet de Brest, nous retiendrait-il encore un peu ? Un bref arrêt à Bertheaume  pour attendre une bascule de vent favorable, puis le raz de Sein de nuit, assez sportif, avec un grain qui nous oblige à prendre un ris supplémentaire, pour le relâcher 15 minutes plus tard, le vent est tombé aussi sec ! 8 nœuds de vitesse sur fond, 1.5 nœuds sur l’eau, nous mettons Gaston (le moteur) pour s’extirper du courant et tourner à droite après Sein, et amorcer ainsi notre descente au Sud Ouest vers l’Espagne ! Le vent s’établi alors à environ 20 nœuds, rafales à 25 (estimations, pas d’anémomètre à bord), au près bon plein, deux puis trois ris et le Yankee à l’avant, nous faisons un bon 6,5 nœuds avec des surfs à 7,5 nœuds !  Une première journée assez agitée donc, nos estomacs n’ont pas trop apprécié…

Le Golfe de Gascogne
Dans le Golfe de Gascogne

Le deuxième jour, à l’inverse, c’est les vacances, la mer et le vent se calment et le soleil brille, on en profite pour se reposer, manger des vrais repas et même, faire un petit prélèvement de plancton dans Gascogne. Le vent revient pour le troisième jour, 20 nœuds dans le nez, au pré serré, nous tirons quelques bords en attendant la bascule prévue à l’Ouest puis au Nord Ouest, qui sera au rendez-vous pour finir donc au travers, et filer à 6.5 nœuds. La nuit le vent baisse, puis c’est le calme plat, nous rejoignons la côte espagnole au moteur, Gaston a été très coopératif, pas de saute d’humeur cette fois ci. L’arrivée au petit matin à La Corogne, escortés par une dizaine de dauphins est magique. Espana, ya estamos !! 

Arrivée à La Coruna !
Arrivée à La Coruna !

Les sciences en mer

Une première traversée réussie côté scientifique puisque nous avons pu prendre un échantillon de plancton, observer des dauphins et surtout croiser la route d’une baleine, vraisemblablement un Rorqual commun (d’environ deux fois la longueur de Regentag), une belle référence pour enrichir la plateforme OBSENMER, où nous recenseront toutes nos observations de cétacés au cours de ce voyage.

Une escorte de dauphins pour notre arrivée en terre espagnole
Une escorte de dauphins pour notre arrivée en terre espagnole

La Corogne

Nous resterons trois jours à La Corogne, le temps de reposer le bateau et l’équipage un peu secoués par ces quatre jours au près plus ou moins serré, et de manger quelques tapas por supuesto ! L’occasion aussi de parcourir la ville, une belle découverte avec ses façades colorées, ses grandes verrières et ses petites rues pleines de vie (enfin, à l’heure espagnole, on s’entend).

La Coruna !
La Coruna !

Un petit mouillage sur la côte ibérique nord : Corme

Il est ensuite temps de reprendre la mer vers Vigo pour rencontrer nos premiers acteurs de la transition. Cap à l’ouest donc. Le vent est faiblard, et en attendant qu’il revienne nous nous offrons un petit mouillage à Corme, un tout petit port dans une jolie baie bien abritée où nous avons l’impression d’être seuls au monde, après la frénésie de La Corogne.

Mouillage dans la petite anse de Corme
Mouillage dans la petite anse de Corme

On s’y dégourdi les jambes sur cette belle plage qui nous tend les bras, volley, baignade, randonnée le long de la côte, entre ajoncs (ça pique !) et forêt de pins et de d’eucalyptus.

Perdu parmi les ajoncs
Perdu parmi les ajoncs

Nous apprendrons par la suite que ces forêts de pins et de d’eucalyptus (directement importés d’Australie) ont été plantées partout en Espagne et au Portugal, pour leur bois à croissance rapide et facilement exploitable, une catastrophe pour la biodiversité. Les besoins intarissables en eau des eucalyptus empêchent en effet toute autre plante ou animaux de prospérer à ses côtés, et favorise la propagation des feux de forêt qui ravagent l’Espagne et le Portugal. Pour la flore comme pour la faune, replanter des arbres locaux et variés est un enjeu majeur, comme le souligne Gustavo d’Ecolectivo (voir article).

À la lisière de la forêt de pins et d'eucalyptus
À la lisière de la forêt de pins et d’eucalyptus

C’est de nuit que nous quitterons ce petit mouillage bien tranquille, afin de passer le Cap Finisterre de jour, ce fameux cap dont nous entendons tant parler, et aussi pour arriver de jour à Vigo. Deux ris et un bout de génois déroulé, au grand largue, ça file ça file, avec des surfs à plus de 8 nœuds ! La journée de navigation est parfaite, soleil, vent, 6.5 nœuds de moyenne au portant, que c’est bon d’être dans les Alizés !

Le Cap Finistère
Le Cap Finisterre au levé du jour

La baie de Vigo

L’arrivée à l’entrée de la ria de Vigo est magnifique, avec les iles Cies sur babord.

Arrivée en ciseaux à l'entrée de la ria de Vigo
Arrivée en ciseaux à l’entrée de la ria de Vigo

Nous entrons dans la baie de Baiona, où nous ferons le plein d’eau, de vivres et de douches, avant de se mettre au mouillage au fond de la baie. La ville de Vigo en elle-même ne présente pas grand intérêt pour les visiteurs que nous sommes, le gris semble la norme et nous sommes étonnés de voir tant de beaux bâtiments pourtant à l’abandon, en plein centre. L’ambiance tranche également avec La Corogne, les rues nous paraissent quelques peu désertes pour un vendredi soir…

Vigo
Vigo depuis ses hauteurs

Baiona, à l’inverse, est touristique, et jouit d’un vieux centre historique avec une architecture riche. Son château, datant du 11ème siècle, protégé par ses remparts surplombe le port.

Les remparts de Baiona
Les remparts de Baiona

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